PVous venez de vous tordre la cheville et la douleur vous lance? Vous n’êtes pas seul. L’entorse de la cheville est l’une des blessures les plus fréquentes qui touche des millions de personnes chaque année.

Caractéristiques d’une entorse de cheville

Une entorse de cheville survient lors d’un mouvement brusque qui étire ou déchire les ligaments. Cette blessure présente des caractéristiques spécifiques selon le mécanisme et la gravité de l’atteinte ligamentaire.

Différence entre inversion et éversion de la cheville

L’inversion représente 90% des entorses de cheville. Ce mouvement fait tourner votre pied vers l’intérieur et endommage principalement le ligament talo-fibulaire antérieur. Votre cheville se plie latéralement lors d’une mauvaise réception au sol.

L’éversion constitue seulement 10% des cas. Votre pied tourne vers l’extérieur et touche le ligament deltoïde médial. En effet, cette entorse survient moins fréquemment car ce ligament possède une résistance supérieure.

Combien de temps dure le processus de guérison d’une entorse de cheville ?

La durée de guérison d’une entorse de cheville varie selon la gravité de la blessure, la qualité des soins prodigués et la discipline dans la rééducation. Voici les délais moyens selon les grades d’entorse :

Entorse Bénigne 

  • Durée moyenne : 7 à 10 jours
  • Caractéristiques : étirement ligamentaire sans rupture.
  • Guérison rapide avec application du protocole RICE (Repos, Ice/Glace, Compression, Élévation) et reprise progressive de l’appui. 

Entorse modérée 

  • Durée moyenne : 3 à 6 semaines
  • Caractéristiques : rupture partielle des ligaments.
  • Soins nécessaires : port d’orthèse, appui limité, suivi médical et début de rééducation dès la fin de la phase inflammatoire.
  • Retour au sport envisageable entre la 5e et 6e semaine avec avis professionnel.

Entorse sévère

  • Durée moyenne : 6 à 12 semaines (parfois plus)
  • Caractéristiques : rupture complète d’un ou plusieurs ligaments, instabilité articulaire importante.
  • Traitement : immobilisation stricte (attelle ou botte), appui suspendu, suivi médical renforcé.
  • Rééducation longue et parfois chirurgie si l’instabilité persiste.
  • Reprise du sport possible après 3 mois, selon la récupération fonctionnelle.

 

Facteurs influençant la durée de guérison :

  • Rapidité de la prise en charge initiale
  • Adhésion au protocole de soins
  • Âge, antécédents et condition physique
  • Qualité de la rééducation
  • Respect du repos et du retour progressif à l’effort

Une reprise trop rapide ou l’absence de rééducation augmente fortement le risque de récidive ou de séquelles chroniques (douleurs résiduelles, instabilité, entorse à répétition). Toujours consulter un professionnel de santé avant de reprendre une activité physique soutenue.

Quelles sont les causes courantes d’une entorse de cheville ?

Une entorse de cheville survient lorsque les ligaments qui stabilisent l’articulation sont étirés au-delà de leur capacité normale, généralement à la suite d’un mouvement brutal ou inapproprié. Plusieurs situations favorisent ce type de blessure :

 

1. Mauvaise réception après un saut

C’est l’une des causes les plus fréquentes. Un atterrissage déséquilibré lors d’une activité sportive ou d’une descente d’escalier peut provoquer une torsion soudaine du pied vers l’intérieur (inversion) ou l’extérieur (éversion).

2. Terrain irrégulier

Par conséquent, marcher ou courir sur des surfaces instables – comme un sentier de randonnée, un trottoir endommagé ou un terrain accidenté – augmente le risque de faux pas et donc d’entorse.

3. Port de chaussures inadaptées

Aussi, les chaussures à talons hauts, sans maintien latéral ou trop souples, favorisent les déséquilibres du pied. Le manque de soutien adéquat multiplie les risques de torsion, notamment chez les personnes ayant déjà subi une entorse.

4. Pratique sportive intense

Par ailleurs, les sports impliquant des changements de direction rapides, des sauts ou des contacts physiques (football, basketball, volley-ball, course à pied) exposent les chevilles à des mouvements extrêmes, souvent responsables d’entorses.

5. Faiblesse musculaire ou proprioceptive

Également, un déficit de force dans les muscles stabilisateurs ou une mauvaise perception de la position du pied (proprioception altérée) rend l’articulation plus vulnérable, surtout après une entorse antérieure mal rééduquée.

6. Fatigue physique

Sans oublier qu’une fatigue musculaire excessive diminue les réflexes et la stabilité articulaire, augmentant le risque de mouvements non contrôlés.

7. Antécédents d’entorses

Finalement, une cheville ayant déjà subi une entorse présente souvent une laxité ligamentaire résiduelle. Sans renforcement spécifique, le risque de récidive est multiplié.

5 bons réflexes après une entorse de la cheville

Adoptez immédiatement le protocole RICE (Repos, Ice/Glace, Compression, Élévation) dès les premiers instants suivant votre blessure. Ces gestes simples limitent l’aggravation de l’entorse et accélèrent votre récupération.

Repos

Tout d’abord, cessez toute activité physique dès l’apparition de la douleur. Évitez l’appui sur votre cheville blessée pendant 48 à 72 heures selon la gravité de l’entorse. Utilisez des béquilles pour vos déplacements essentiels. Votre cheville a besoin d’immobilisation complète pendant les premiers jours pour permettre aux ligaments de commencer leur cicatrisation.

Glace

Ensuite, appliquez de la glace sur votre cheville pendant 20 minutes toutes les 2 heures durant les 48 premières heures. Enveloppez la glace dans un linge fin pour éviter les brûlures cutanées. Le froid réduit l’inflammation et atténue la douleur en contractant les vaisseaux sanguins. Alternez application et pause pour maintenir l’efficacité du traitement.

Compression

Puis, enroulez un bandage élastique autour de votre cheville en partant des orteils vers le mollet. Maintenez une pression modérée sans bloquer la circulation sanguine. Vos orteils doivent rester roses et chauds. Retirez le bandage la nuit pour permettre une circulation normale. La compression limite le gonflement et stabilise l’articulation.

Élévation

De plus, surélevez votre cheville au-dessus du niveau de votre cœur plusieurs fois par jour. Pour favoriser le drainage lymphatique et de réduire l’œdème, lorsque vous êtes allongé, placez 2 ou 3 coussins sous votre pied. Maintenez l’élévation pendant 30 minutes minimum à chaque session.

Consultation et examens médicaux

Finalement, consultez un médecin dans les 24 heures si vous ne pouvez pas poser le pied au sol ou si la douleur reste intense malgré les premiers soins. Le professionnel de santé évalue la gravité de votre entorse grâce à des tests cliniques spécifiques. Une radiographie exclut une fracture associée dans 15% des cas d’entorses graves. L’échographie ou l’IRM précisent l’étendue des lésions ligamentaires si nécessaire.

 

Les traitements de fond pour bien guérir l’entorse de cheville

Après la phase aiguë de votre entorse de cheville, des traitements spécifiques accélèrent la guérison et réduisent le risque de récidive. Ces approches thérapeutiques renforcent les ligaments endommagés et restaurent progressivement la fonction articulaire.

L’équipement orthopédique

Les orthèses de cheville stabilisent l’articulation pendant 3 à 6 semaines selon la gravité de votre entorse. Les attelles semi-rigides réduisent de 47% le risque de nouvelle blessure comparées aux bandages élastiques simples.

Trois types d’équipements orthopédiques existent pour votre entorse de cheville :

  • Attelles à lacets : ajustables et confortables pour les entorses grade 1
  • Orthèses semi-rigides : protection optimale pour les entorses grade 2
  • Bottes de marche : immobilisation complète pour les entorses grade 3

 

Les béquilles soulagent l’appui pendant 7 à 14 jours. Le médecin prescrira l’équipement adapté à votre grade d’entorse et ajustera la durée du port selon l’évaluation clinique.

 

La physiothérapie et rééducation

La rééducation débute dès la diminution de l’œdème, généralement après 72 heures. Un physiothérapeute évalue votre cheville et établit un programme personnalisé sur 4 à 12 semaines.

 

Phase Durée Objectifs principaux
Phase 1 Semaines 1-2 Réduction douleur, mobilité passive
Phase 2 Semaines 3-4 Renforcement musculaire, proprioception
Phase 3 Semaines 5-8 Exercices fonctionnels, retour progressif au sport

Les exercices proprioceptifs sur plateau instable améliorent l’équilibre et préviennent 50% des récidives. Votre physiothérapeute utilise des techniques comme :

  • Mobilisations articulaires : restauration de l’amplitude (10-15 répétitions)
  • Exercices isométriques (contraction musculaire sans mouvement articulaire, où le muscle travaille en gardant la même longueur) : renforcement sans mouvement (3 séries de 10 secondes)
  • Étirements du mollet : prévention des raideurs (3 fois 30 secondes)

 

FAQ

Quelles sont les options de guérison après une entorse de cheville, y compris des remèdes naturels ?

Après la phase aiguë (RICE – Repos / Glace / Compression / Élévation), plusieurs approches favorisent la cicatrisation des ligaments :

  • Orthèses et attelles (3–6 semaines selon le grade) : attelle à lacets, orthèse semi‑rigide et botte de marche.
  • Physiothérapie (4–12 semaines) : mobilisation, renforcement, proprioception.
  • Remèdes naturels :
    • Arnica en gel ou comprimés pour limiter l’hématome et la douleur.
    • Cataplasme d’argile verte sur la zone enflée, 20 min avant rinçage.
    • Infusion de curcuma et gingembre (anti‑inflammatoires) à raison d’une tasse par jour.
    • Massage doux à l’huile essentielle de gaulthérie diluée dans une huile végétale.
  • Approches complémentaires : acupuncture, magnétothérapie ou électrothérapie pour booster la vascularisation et la régénération ligamentaire.

 

Quels remèdes naturels et alternatives peuvent soulager la douleur et l’inflammation ?

  1. Froid ciblé : poche de glace ou compresses froides 20 min, 3–4 fois/jour, enveloppées dans un linge.
  2. Chaleur modérée (après 48 h) : bouillotte ou patchs chauffants 15 min pour détendre les muscles.
  3. Huiles essentielles : gaulthérie, lavande aspic ou citronnelle, en application locale diluée (2 % dans une huile de massage).
  4. Plantes en phytothérapie :
    • L’ortie piquante, en décoction, aide à stimuler le drainage. Cette préparation est réalisée en faisant bouillir les plantes dans de l’eau pour en extraire les actifs.
    • La reine-des-prés est reconnue pour ses effets antalgiques, contribuant à soulager la douleur sans nécessairement en traiter la cause.
  5. Homéopathie (selon avis médical) : Arnica montana, Rhus toxicodendron, Bryonia alba.

 

Quelles erreurs faut‑il éviter lors du traitement d’une entorse ?

  • Immobilisation excessive : Il ne faut pas bloquer la cheville trop longtemps, au risque de raideur et d’atrophie musculaire.
  • Reprise prématurée de l’appui ou du sport : ceci peut aggraver la lésion ligamentaire.
  • Mauvais bandage : trop serré (risque d’engourdissement), ou trop lâche (instabilité persistante).
  • Oublier la rééducation proprioceptive (ensemble d’exercices visant à améliorer la perception et le contrôle de la position du corps et des mouvements) : c’est elle qui prévient 50 % des récidives.
  • Négliger le diagnostic différentiel : ne pas chercher systématiquement une fracture (15 % des cas graves).
  • Automédication sans encadrement : certains anti‑inflammatoires peuvent retarder la cicatrisation.

 

Quels exercices faire en réhabilitation après une entorse de cheville ?

  1. Phase sous‑aiguë (après 72 h) :
    • Flexion‑extension douce (assis, pied à plat, 3×15 répétitions).
    • Isométrie contre un mur (pousser la main sans bouger la cheville, 3×10 s).
  2. Phase de renforcement (semaines 2–4) :
    • Équilibre sur un coussin instable (30 s × 3).
    • Montées sur la pointe des pieds (15 répétitions × 3 séries).
  3. Phase avancée (à partir de 4 semaines) :
    • Exercices pliométriques légers (sauts sur place, 2×10).
    • Parcours de proprioception (marche talon‑pointe, zigzag).

Conseil : progressez toujours sous la supervision d’un kinésithérapeute et ne reprenez le sport intense qu’après validation médicale (absence de douleur, amplitude complète, tests fonctionnels normaux).